20 Description narrativisee
Posté le 10.03.2008 par verbes
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Tout au bout du village de Dossenheim, en Alsace, à cinquante pas au-dessus du sentier sablonneux, s'élève une jolie maisonnette entourée d'arbres fruitiers, la toiture plate chargée de grosses pierres, le pignon sur la vallée. Quelques volées de pigeons tourbillonnent autour, des poules se promènent le long des haies, un coq se perche sur le petit mur de son jardin et sonne le réveil... Deux rameaux de vigne grimpent à la façade et vont s'épanouir jusque sous le toit. Erckmann-Chatrian, Contes des bords du Rhin
Description narrativisée d'Arlette
Tout au bout du village de Dossenheim, en Alsace, à cinquante pas au-dessus du sentier sablonneux, s'élève une jolie maisonnette entourée d'arbres fruitiers, la toiture plate chargée de grosses pierres, le pignon sur la vallée. Un coq se perche sur le petit mur de son jardin et sonne le réveil. A son appel, des petites ouvertures, telles des yeux cernés de brun, entr'ouvrent leurs paupières. Sur les vitres brillantes tels des miroirs, le bleu du ciel se reflète, moucheté de coton blanc et tracé de temps à autre par quelques plumages. Quelques volées de pigeons tourbillonnent autour et, curieux, posent un instant leurs pattes sur les rebords, inclinent leurs têtes et regardent à l'intérieur dans l'attente peut-être d'un complément à leurs menus quotidiens. Des poules caquètent et se promènent le long des haies, grattant le sol à la recherche de quelque nourriture. A la force de leurs tiges, deux rameaux de vigne grimpent à la façade et vont s'épanouir jusque sous le toit, lourds de leurs grappes sombres que des mains et des becs avides se disputeront la cueillette.
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Posté le 10.03.2008 par verbes
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Le café des Miroirs était situé au croisement de deux ruelles ; il occupait la majeure partie de la chaussée de terre battue, interdite aux lourds véhicules, et où, seules, s'aventureraient les baladeuses des marchands ambulants. D'immenses toiles de tente s'étendaient au-dessus de sa tortueuse terrasse comme dans un marché couvert. Un nombre impressionnant de miroirs, aux cadres sculptés et recouverts de dorures, étaient accrochés partout, à même les façades des masures environnantes. Albert Cossery, Mendiants et orgueilleux.
Description narrativisée de Dominique
Cela faisait un bon moment qu’elle avait décroché du lycée. Régulièrement elle séchait les cours pour aller marcher dans la ville, surtout le matin quand les choses se mettent en place. Ses déambulations l’avaient amenée vers les quartiers populaires de la vieille cité, ceux qui sont à la marge.
C’est ainsi quelle avait atterri au café des Miroirs. Il était à l’angle de deux ruelles et sa terrasse mangeait la chaussée. Elle se sentait bien dans cet endroit qui était d’un autre temps. Le modernisme s était arrêté quelques boulevards plus haut. Ici les rues n’étaient pas goudronnées. Elles étaient restées en terre battue et les jours de grande chaleur une poussière de terre se soulevait au passage des marchands ambulants. Et s’il se mettait à pleuvoir d’un coup, comme cela arrive en été, l’odeur de cette terre remontait et la chavirait dans son enfance. Alors elle aimait ça, regarder tomber la pluie. Elle l’entendait battre les immenses toiles que le patron avait tendues comme il pouvait au-dessus de sa drôle de longue terrasse, pour abriter les clients. C’était des toiles de tentes, en épais tissu délavé. Elles lui rappelaient les colonies de vacances ou elle passait l’été quand elle était petite. Pour un peu, assise là-dessous, elle se serait crue sous le chapiteau d’un cirque. Elle restait là, à regarder s’activer les antiquaires, les brocanteurs. Ces magiciens des objets extirpaient leurs trouvailles hors du temps et les exposaient, insolites, pour un nouveau tour de piste.
Quand elle avait assez regardé, elle payait ses consommations et quittait la terrasse pour remonter la rue des Miroirs. A son tour d’entrer dans le spectacle. Elle marchait, de tout son temps, en regardant, partout. Car à chaque fois les façades des vieilles maisons la fascinaient. Des deux côtés de la rue, des miroirs se renvoyaient la lumière ou des éclats de soleil. Il y en avait des centaines, accrochés sur les murs de toutes les masures, des petits, des grands, toutes les formes. Elle les trouvait touchants et beaux avec leurs cadres sculptés, recouverts de dorures. Elle les voyait comme des bijoux, des colliers, des parures qui déclinaient à l’infini l’animation de la rue, son brouhaha, la couleur du ciel. C’était un bousculement des sens parce que toute la perspective de la rue était changée. Elle marchait et le remue–ménage se répercutait dans les miroirs, et les miroirs renvoyaient les images comme en écho.
C’était un peu étourdissant.
La plupart du temps elle portait de longues jupes très colorées qui touchaient presque le sol. Elle les achetait dans des boutiques indiennes. Là, dans la rue, elle voyait les couleurs de ses jupes ondoyer dans des fragments de miroirs. Elle les perdait, elle les retrouvait. Son visage et sa chevelure s’encadraient un moment sur un fond d’objets passés.
J’étais souvent là, quelques mètres derrière elle. Je la regardais, elle et ses profils qui se démultipliaient. Je ne voulais qu’une chose : lui parler.
Mais je sentais tellement de mélancolie, quand elle remontait la rue des Miroirs, que je n’ai rien su faire d’autre, que la laisser filer.
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Posté le 18.02.2008 par verbes
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Les avenues détrempées par les continuelles averses d'automne s'allongeaient, couvertes d'un épais tapis de feuilles mortes, sous la maigreur grelottante des peupliers presque nus. Les branches grêles tremblaient au vent, agitaient encore quelque feuillage près à s'égrener dans l'espace. Et sans cesse, tout le long du jour, comme une pluie incessante et triste à faire pleurer, ces dernières feuilles, toutes jaunes maintenant, pareilles à de larges sous d'or, se détachaient, tournoyaient, voltigeaient, est tombaient. Maupassant, Une vie.
Description narrativisée de Laurence
L’attaque des feuilles
C’était l’automne. Les avenues détrempées par les continuelles averses s’allongeaient, couvertes d’un épais tapis de feuilles mortes, sous la maigreur grelottante des peupliers presque nus. Personne ne s’aventurait dans la rue. Il était seul chez lui, une tasse de café fumante à la main. Il était quinze heures de l’après midi et sans cesse, tout le long du jour, comme une pluie incessante et triste à faire pleurer ; les feuilles des arbres se détachaient, tournoyaient, voltigeaient et tombaient. Il devait s’aventurer dans la fraîcheur pour respirer. Il devait enfouir ses pieds bottés dans les feuilles. Il marchait d’un pas rapide ; fumant sa pipe ; son chapeau se soulevant de temps en temps. Les branches grêles tremblaient au vent, agitaient encore quelque feuillage prêt à s’égrener dans l’espace. Et c’est en voulant rattraper son chapeau, qu’il glissa dans les feuilles et chuta lourdement sur le sol. Les feuilles mortes riaient, se réjouissaient. Elles se moquaient, elles étaient les plus fortes. Qu’elle chute ! Il avait les yeux ouverts, mais ne pouvait pas se relever. Il avait perdu ses lunettes et les quelques feuilles rescapées sur les arbres tombaient exprès sur lui et ses lunettes pour les recouvrir. Ces garces de feuilles jaunes, laides, aigries et méchantes ! Il était à terre, pauvre être sans défense. Une dame qui descendait la rue à ce moment là, venue elle aussi combattre les feuilles, s’approcha. Elle se pencha sur lui, belle, gentille, douce et aimante. Un éclair passa dans le ciel, c’était le coup de foudre.
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