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Nom du blog :
verbes
Description du blog :
atelier du samedi matin, 05 06 07
Catégorie :
Blog Religion
Date de création :
06.04.2007
Dernière mise à jour :
17.04.2008
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Lucette : Pastiche

Lucette : Pastiche

Posté le 17.03.2008 par verbes
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Analyse
Herman Hesse dans Knulp. Il s’agit d’une narration, d’une description avec évocation des sentiments. Il s’agit d’une focalisation interne. Les lieux ont de l’importance. Les phrases sont longues. Il y a des répétitions, un processus d’accumulation, d’exagération qui montre les sentiments très puissants du personnage qui retrouve son passé avec une grande nostalgie. Il y a une grande communion avec la nature.

Anamnèse
J’adorais ce moment où, les soirs d’hiver, mon père me réchauffait mon pyjama avant de me le donner ; tout l’amour de mon père était contenu dans la chaleur de ce pyjama qui me réchauffait autant le corps que le cœur.

Pastiche 1, en atelier
Elle arriva enfin devant la maison de son enfance. Elle avait vécu là des moments merveilleux. Chaque parcelle du jardin évoquait des souvenirs heureux auprès des siens. Le parterre de fleurs avec les gueules de loup jaunes et pourpres qu’elle affectionnait tant ; les pois de senteurs couleur pastel légers et graciles, les lupins blancs majestueux et les iris mauves qui exhalaient leurs parfums suaves. Plus loin elle se souvenait avec délice de chaque arbre fruitier qui faisait l’envie de tous les voisins du quartier. Un néflier plus fragile qui régalait les premiers venus. L’abricotier généreux dont les branches lourdes de fruits ployaient à l’extérieur du jardin et attiraient les enfants de la rue. Le figuier plus tardif qui offrait ses fruits sucrés à la rentrée des classes. Elle avait aimé avec passion chaque saison. Elle avait au gré de chacune d’elle communié avec la nature toujours surprenante de beauté. Il lui semblait que personne mieux qu’elle n’aurait mérité d’habiter ces lieux qu’elle connaissait mieux que tout le monde.
A l’intérieur de la maison le poêle en fonte lui rappela chaque soirée d’hiver où son père lui réchauffait son pyjama pendait qu’elle se déshabillait toute frigorifiée. Tout l’amour de son père était contenu dans la chaleur du pyjama qui lui réchauffait autant son corps que son cœur. Aujourd’hui encore elle songeait avec tristesse à tout ce bonheur perdu qui restait attaché à ses souvenirs d’enfance.

Pastiche 2, réécriture
En retrouvant sa maison d’enfance elle voulut revoir la pièce qui faisait jadis office de salle à manger. Elle reconnut le poêle qui trônait majestueusement dans la pièce centrale. Elle avait passé là des merveilleux moments chargés d’intenses émotions. Elle avait goûté aux joies familiales mieux que quiconque. Le soir toute la famille était réunie autour de la table et le froid qui sévissait par endroit les faisait se rapprocher. Ce qu’elle aimait par dessus tout c’était de se faire oublier ; parfois, et c’était ces moments qui la remplissait de bonheur, elle parvenait à échapper au regard de ses parents en feignant la fatigue. Elle se lovait alors toute la durée du repas sur la banquette à coté de ses sœurs assises. Elle adorait ses instants où rien ne semblait lui échapper. Son attention était décuplée. Chaque personne occupait dans sa conscience une place propre et elle captait tous les frémissements de leur vie intime ; bruits de la respiration et de la mastication, soupir de plaisir de gourmet, satisfaction de sa mère, agitation de sa sœur cadette, gravité de sa sœur aînée. La voix grave de son père mêlée au concert des bruits des couverts la berçait délicieusement. Les propos n’avaient pas d’importance. C’était la magie de toutes ses présences essentielles dans sa vie qui comptait par dessus tout. Chaque voix, chaque réplique résonnait dans son cœur et dans son histoire, comme une mélodie indispensable à son existence et à sa croissance. Elle redoutait la fin du repas et le moment où il fallait l’extirper de sa langueur pour aller rejoindre son lit. Sa mère lui apportait son pyjama pour que la transition fût plus douce. Elle adorait ce moment où, pendant qu’elle se deshabillait toute transie, son père lui réchauffait son vêtement de nuit auprès du poêle et le lui tendait une fois qu’il était très chaud. Son corps garde à jamais les sensations de plaisirs intenses qu’elle avait en enfilant ce pyjama qui lui réchauffait autant le corps que l’âme. Tout l’amour paternel était contenu dans ce geste quotidien. Elle emportait ainsi avec elle pour la nuit toute la chaleur de sa tendresse.
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