Gabrielle : Description narrativisée, suite en focalisation interne
Posté le 21.02.2008 par verbes
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C'était en revenant de Nîmes, un après-midi de juillet. Il faisait une chaleur accablante. À perte de vue, la route blanche, embrasée, poudroyait entre les jardins d'oliviers et de petits chênes, sous un grand soleil d'argent mat qui remplissait tout le ciel. Pas une tache d'ombre, pas un souffle de vent. Rien que la vibration de l'air chaud et le cri strident des cigales, musique folle, assourdissante, à temps pressés, qui semble la sonorité même de cette immense vibration lumineuse. Alphonse Daudet, Les lettres de mon moulin.
Description narrativisée de Gabrielle, et suite en focalisation interne.
Il était parti à Nîmes rencontrer de futurs clients. Après une réunion de travail qui avait duré la matinée, ils avaient déjeuné ensemble dans un charmant restaurant proche des arènes.
Nous étions en Juillet. La chaleur était accablante, annonçant déjà la canicule qui sévirait cette année là au mois d’Août. Il prit la route en début d’après-midi.
A peine sorti de la ville, il se retrouva seul à rouler sous un soleil d’argent mat qui remplissait tout le ciel. Il mit ses lunettes et baissa la pare-soleil.
Sur la route blanche, embrasée, pas une tache d’ombre, pas un souffle de vent. L’absence de climatisation de sa vieille 405 l’obligeait à rouler fenêtres ouvertes. Juste pour ne pas étouffer. Illusoire fraîcheur de cet air chaud ! Ses mains collaient sur le volant. Il sentait les gouttes de sueur couler lentement dans son dos. Sur sa chemise, on voyait la marque humide de la ceinture de sécurité.
Il accéléra. Il avait hâte d’arriver, de sortir de la fournaise de sa voiture, de quitter ce lieu oppressant où il n’entendait que la vibration de l’air chaud et le cri strident des cigales, musique assourdissante, à temps pressés, qui semblait la sonorité même de cette vibration lumineuse et s’intensifiait chaque fois qu’il dépassait des jardins d’oliviers et de petits chênes.
Etait-ce l’effet de la chaleur de ce début d’après-midi ? Un déjeuner trop lourd et bien arrosé ? L’accumulation du manque de sommeil ? Il sentait ses paupières lourdes. Sa vision se brouillait. Il avait envie de s’abandonner à cette douce torpeur qui l’envahissait mais la peur de perdre le contrôle, un reste de conscience du risque d’accident lui permettaient de résister.
La route était encore longue sous ce soleil de plomb. Il se dit qu’il serait plus prudent de s’arrêter dans un coin ombragé pour se reposer. Il mobilisa son attention à la recherche de l’endroit idéal et repéra un chemin de terre qui s’enfonçait dans des champs d’oliviers. Il s’y engagea, se gara, sortit une couverture de son coffre et l’étala à l’écart, sous un arbre. Il se déshabilla et s’allongea. Rapidement, il sombra dans un profond sommeil.
... ... ... ...
Accroupie derrière un buisson, une fille l’observait. Le visage sale, les cheveux emmêlés, les mains noires de terre, elle semblait sans âge. Elle était restée immobile, le regardant s’installer. Après avoir constaté qu’il était endormi, elle se leva et remonta sa culotte.
Elle s’avança vers l’homme étendu. Ses pieds nus accrochaient les petits cailloux du chemin. Elle était à la fois attirée et dégouttée par ce corps dénudé. Il semblait inoffensif, abandonné là sur le sol, mais la vue de son caleçon légèrement remonté sur ses cuisses musclées, constituait une indécente provocation. Elle s’agenouilla prés de lui. Sa robe s’étala en corolle. Elle se pencha pour renifler cette odeur virile, promenant son nez sur son poitrail. Il soupira comme en extase.
Elle mit alors une main sur ses parties génitales, l’autre sur son cou puis serra fort, très fort. Il expira sans un cri. Elle se jeta sur le corps encore chaud. Ses petites dents pointues en arrachèrent le cœur qu’elle dévora comme une bête sauvage. De sa bouche ensanglanté sortit un hurlement qui déchira le ciel. L’appel de la meute pour la curée finale. Des chiens errants se précipitèrent sur ce gibier qu’elle leur abandonnait.
Le lendemain, dans Nice matin, on pouvait lire à la une « encore une victime des loups dans l’arrière pays » !
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